• Nouveau plan étudiant : pour ou contre ?

    Nouveau plan étudiant : pour ou contre ?

    Pour un premier article, je vais peut-être vous assommer, mais j'ai très envie de parler de Parcoursup, nouvelle plateforme lancée par le gouvernement pour les études supérieures.

    Notre cher ami Macron, a annoncé au mois d'octobre des réformes concernant les études post-bact. Fini la sélection, le gouvernement nous présente cette réforme comme étant la réforme qui permettrait la réussite des étudiants. Elle vise à réduire le taux d'échec en première année de fac. Mais derrière ces beaux mots, une autre réalité.

    Il y a un an, on tractait contre APB (Admission Post Bac, ancien système d'entrée à l'université généré par un algorithme) pour le voir disparaître au nom d'une université équitable. Mais a-il vraiment disparu pour laisser place à une réelle innovation qu'est Parcoursup ? 

     


     

     

    La sélection toujours présente, le flou total

     

    L'année dernière, on condamnait APB pour sa sélection injuste engendrée par son algorithme. À cause de ce système, 90 000 bacheliers ne savaient toujours pas où ils étaient affectés mi-juillet 2017. Une procédure complémentaire permettait aux étudiants de se diriger vers d'autres formations où il y avait des places vacantes.

    On ne va pas se voiler la face, malgré le changement de plateforme, la sélection est toujours présente tout ça parce que le gouvernement n'a pas anticipé le baby-boom des années 2000 et les 800 000 étudiants attendus en 2018. 

    On ne peut nier qu'il y a un taux considérable d'échec à la fac. Mais je ne suis pas sûre que cette réforme réduira ce pourcentage, pour moi il restera le même quelque soit le nombre d'étudiants et que bon, entre rater une année de fac et aller dans une formation qui ne t'intéresse absolument pas, je ne vois pas ce qu'il y a de mieux. Après ce n'est que mon avis. Et puis franchement, est-ce qu'on manque de médecin ? On se plait tout le temps dans nos campagnes, qu'il manque de médecin. 

    Comment peut-on juger des capacités d'un élève sur des matières totalement différentes ? La géographie à la fac, c'est totalement autre chose qu'au lycée. Le droit, comment peut-on dire si quelqu'un est apte à aller en droit alors qu'il n'en a jamais fait ? De plus, de nombreux témoignages montre que des élèves ayant de mauvaises notes en maths au lycée ont bien réussi à devenir ingénieur. Mais avec cette réforme, on choisira “les meilleurs”. Mais les meilleurs en quoi ? Mais les meilleurs comment ? En classant les notes de la matière principale (maths en prépa maths par ex) dans un ordre décroissant ? Des dizaines de personnes auront des notes identiques ou semblables. Alors pour faire le tri, on jugera sur quoi ? Les bulletins scolaires et les notes du 1er trimestre de première ? Sur ces lettres de motivations, où de nombreux élèves ont tout inventé, copié sur internet des lettres de base ? On se base sur la confiance c'est ça ? Puis juste en prenant une minute par lettre, sur 800 demandes, vous vous rendez compte le nombre d'heures que ça fait pour lire des banalités identiques et parfois fausses ? Le CV peut-être ? Ah mais oui, vous le savez peut-être pas mais en arrivant en terminale on a fait pas mal d'insertions dans le milieu professionnel, je me souviens avoir passé mon permis piéton et vélo en CE2, j'ai mon ASSR1 et 2, mon brevet et j'ai fait mon stage de troisième dans une médiathèque. Puis je sais utiliser Libre Office. Puis cette histoire de CV tend à montrer les universités et formations comme des entreprises.

    Alors, comment les universités vont-elles faire leur choix ? Les universités n'ont pas encore reçu de directives à suivre pour la sélection et il semble que chaque université va choisir sa méthode. Mais reconnaissons que, dans des filières où il y a 50 places pour 800 demandes (et encore il y en a où il a 3000 demandes voire plus), les universités ne liront pas les 800 “projets de formation motivé” (ce que l'on appelle des lettres de motivation tout simplement). Ceci peut être utile sur une hésitation entre une vingtaine d'élèves, mais pas 800, 2 000, 3 000. Donc on en revient à ce que l'on disait tout à l'heure : on se base sur les lettres de motivation ? les CV ? les bulletins de première ? Mais qui va lire tout ça ? Parce que ça va en créer du travail que l'État devrait payer, subventionner. Mais le fera-t-il vraiment ? De plus, pour avoir rempli mon inscription à Parcoursup, on a dû entrer des informations sur le revenu de nos parents. Les universités et écoles y auront-elles accès ? Si oui, une sélection pourrait être faite selon le milieu familial. Parce que oui, on sait tous qu'un enfant de cadre réussira mieux qu'un enfant d'ouvrier.

    Le conseil d'orientation, l'année "tampon" :  Lors d'un second conseil de classe appelé “conseil d'orientation”, les professeurs devront donner leur avis sur les voeux de leurs élèves en choisissant parmi trois conditions : favorable, non-favorable et oui si. Ce dernier signifie que l'élève peut suivre la formation choisie s'il suit d'abord une année de remise à niveau.  L'élève aurait le droit de ne pas suivre l'avis du conseil de classe. Mais les universités y auront potentiellement accès ce qui en fait une variable arbitraire en jeu : la subjectivité du prof. Bon certes, ce n'est pas le cas de tous les profs mais tout de même. Puis les profs vont débattre des heures sur des voeux pour au final pas grand chose, si l'élève n'a pas à suivre les conseils et que l'université donne son propre verdict. De plus, sans de subvention de l'État, les universités ne vont pas pouvoir créer cette année tampon. Alors oui, on ne peut pas créer d'amphis pour accueillir tout le monde, mais on a le budget d'investir dans d'autres formations ? De plus, le rôle des professeurs principaux ne doit pas prendre celui des conseillers d'orientation ! Comment un prof peut s'improviser comme tel ? Je le vois très bien dans mon cas, ma deuxième professeure principale ne s'y connait absolument pas : mais elle a une telle volonté de tout faire pour ses élèves qu'elle s'y met à fond. Mais tous les professeurs ne sont pas comme ça ! 

    Certaines Universités se placent contre ce "oui, si" comme à Poitiers, Nantes, Aix-en-Provence, Brest, qui se laissent réfléchir sur le réel impact de cette réforme, cherchant “un vrai bienfait aux étudiants” comme le dit Matthieu Gallou. Parce que oui, peut-on savoir ce qui se cachera vraiment derrière ces formations "oui, si" ? Pas vraiment, et pourtant l'élève aura peut-être affaire à un choix entre "oui, si" pour son voeux préféré et "oui" pour ses autres voeux.

    Si désormais, nous en savons plus sur la réforme, de nombreuses questions restent sans réponse que ce soit chez les élèves, les parents, les professeurs et les universités. Les élèves, principaux concernés, sont très mal informés de ce qu'il en est, 56% jugent être mal informés par leur établissement. 

    Il y a encore quelques mois, je disais encore que les réactions étaient exagérées, que si on le voulait vraiment on pouvait y arriver. Et on m'a répondu ”Oui on peut réussir et avoir cette satisfaction personnelle, mais c'est choisir la solution deux.” Lorsque la première solution est de se battre contre cette réforme au nom d'une égalité.

    Sans parler de la réforme du bac. Oui, le contrôle continu est plus rassurant, les examens étant assez aléatoires et responsables de stresse. Mais il faut se rendre à l'évidence que le contrôle continu créerait des disparités entre les lycées : certains lycées "donnerait le bac" (eh oui, ça signifierait que les épreuves ne seraient plus 100% nationales et que ce serait en fonction des lycées, au détriment des lycées de campagne et de banlieue bien entendu), sans oublier le côté humain des professeurs qui fait qu'ils ne peuvent pas saquer certains élèves. Bref, j'étais partisante du contrôle continu mais après réflexion, je ne le suis plus. 

     

    Et vous, que pensez-vous de cette réforme ? Êtes-vous aller manifester ?

     

    Je pense qu'il est donc important de se rendre compte de ce qu'est vraiment Parcoursup. Vous avez bien le droit de me trouver extrême, je comprendrai. En tout cas, aujourd'hui des jeunes, lycéens et étudiants, sont descendus dans les rues pour manifester contre cette loi (foutu bac blanc, je n'ai pas pu y aller). Ce serait bien que le mouvement prenne de l'ampleur et que l'on soit de plus en plus, d'informer le plus de personnes !

    sources : le parisien ici ici ; l'étudiant ici ; le monde ici ici ; le point ici ; le labo des savoirs ici ; statista ici ; pensées by caro ici. / article sympa ici


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 23 Mars 2018 à 19:18

    J'avoue, n'étant plus au lycée je ne suis paaaaaas du tout au courant de tout ça, du tout.

    J'étais de la réforme du bac qui a duré 2 ans avec l'histoire géo et le français en fin de 1ère pour les S et dès l'année qui a suivi ils l'ont remis en terminale. J'ai pas eu à me plaindre car c'était bien pratique de me débarrasser de mes deux matières détestées depuis la nuit des temps et ma terminale a été géniale grâce à ça (que des matières scientifiques ou presque ♥ plus de blabla, sauf en philo, le rêve pour moi). 

    Et du coup, à mon époque c'était admission post bac. Et même si je l'ai utilisé,  je sais pas du tout comment ça marche, je sais juste que ça ne servait pas à grand chose.

    En terminale, j'ai fait mes voeux au dernier moment, et j'en avais qu'un seul "fac de médecine" (de ma ville). Et je n'y suis plus JAMAIS retournée, après les épreuves du bac, j'y suis retournée (parce que d'un coup je me suis souvenue que ça existait) et j'avais un mail me disant que j'avais été "démissionnée" de ma formation à cause de l'absence de réponse à leur réponse positive. 

    Petit coup de stress à ce moment et pourtant, j'ai quand même pu m'inscrire. Je ne suis juste pas passée par APB (je n'ai pas le souvenir d'avoir fait un CV ni avoir rendu une lettre de motivation). Et je suis sagement allée en médecine (pour partir 3 mois plus tard).

    L'année d'après, je partais dans une prépa qui n'est pas reconnu au niveau des études (ça préparait à un concours d'entrée), j'avais besoin du statut étudiant, alors je me suis inscrite en fac de biologie mais là encore, je m'y prend un peu tard (en juin quelque chose comme ça). Et pas moyen de démarrer la procédure via APB, sur le site de la fac, ça disait d'aller sur le site d'APB et APB me disait d'aller sur le site de la fac (bref, c'était pas terrible comme système). Je me suis rendu sur place et je me suis inscrite à la fac de bio, tout simplement (il m'a fallu patienter 1h un truc comme ça,  aller peut être 2). Et j'ai donc été étudiante en biologie pendant 1 an (officiellement car en vrai j'étais en prépa). Et tout ça, sans sélection, sans APB, sans rien du tout.

    Alors APB ça concernait pas les facs en fait (d'après moi) ça concernait les formations qui sont difficiles à intégrer à la base (prépa ingé...etc). Mais la fac, t'en as pas besoin, y'a pas de sélections justement. Et c'est parce qu'il n'y a pas de sélection à l'entrée que les gens se ratent comme jamais en première année, car les 2-3 premières années de fac servent à épurer les bancs des amphis, on jarte les nuls, les pas bosseur, les cons pour garder seulement ceux qui ont les capacités. Et parfois c'est injuste car certains bossent et n'y arrivent pas et d'autres glandent rien et y arrivent (mais ça a toujours été comme ça). Je me tiens pas au courant de l'actualité, mais créé parcourssup afin de baisser le taux d'échec en fac est débile et c'est un mensonge.

    ils ont créé ça, pour avoir l'année tampon, cette année là sert uniquement à allonger le temps des études, car il n'y a pas de travail. .. Mais ça n'a rien avoir avec l'égalité, ça n'a rien avoir avec le taux d'échec/réussite. Parce que tant qu'on fera pas des concours d'entrée à la fac (comme en Asie par exemple), forcément que les gens font se manger un mur en première année, car la sélection elle aura quand même lieu ...

     

    Du coup, dans mon cas, je pense que parcourssup c'est exactement comme APB, on va te faire croire que ça a de l'importance, mais ça n'en aura pas. Et évidemment que personne lit les CV ou les lettres de motivation qu'on envoie, ce n'est même pas une question qui se pose XD et ils ne créeront pas d'emploi pour que des gens s'en chargent non plus.

     

    De mon point de vu, le lycée devrait avoir de la valeur à nouveau. Maintenant tu sors du bac, c'est "osef" total. Et je vais faire la vieux-jeu, mais du temps de mes grands parents, être bachelier c'était pas donné à tout le monde (maintenant on veut un taux de réussite à 100% mais c'est tout bonnement impossible, il faut sélectionner les gens et arrêter de faire la course au diplome... mais la société a besoin de ça car tant qu'on étudie pas, on peut pas être officiellement chomeur ... ). D'après moi, si le lycée reprenait de la valeur, le taux de réussite en fac serait plus important car la sélection aurait eu lieu avant.

    Et pour tout ceux ne pouvait pas aller au lycée, il faudrait qu'il puisse avoir du travail, comme tout le monde, pas qualifié. 

    Enfin bon je m'égare, il y a beaucoup de chose à changer dans cette société et ça concernerait l'ensemble des études, du primaire aux études supérieures... pour que tout le monde ait réellement une chance, il faudrait que l'enseignement national (qui devrait s'appeler comme ça et pas "éducation" mais je m'égare encore plus) soit à nouveau à un niveau décent et donne les outils nécessaire à tous les élèves (ce qui n'est pas le cas actuellement).

    Enfin bref, ça me désole ce genre de sujet x) sur la fin j'ai beaucoup divagué, désolé !

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    2
    Samedi 24 Mars 2018 à 22:13

    Je trouve la sélection à la fac n'est vraiment pas une bonne chose sachant qu'on a vu des élèves moyens (voire pas bons) au lycée (très) bien réussir à la fac et aussi de très bons élèves au lycée se planter complètement à la fac.

    J'ai fait mon CV cet après-midi et je trouve ça plutôt absurde parce qu'on nous demande un engagement etc alors que c'est plutôt dans les années d'études post-bac que ça ressort. Et au lycée (et avant), je trouve qu'on dépend au moins un peu de nos parents sur nos activités, nos centres d'intérêts donc faire ça pour moi c'est augmenter les inégalités (par exemple, en général un enfant issu d'une famille plutôt modeste va aller moins fréquemment au musée, a moins de chance d'aller au conservatoire... qu'un enfant de famille plus aisée) – désolée, mes cours de socio ressortent x)

    Et puis, de toute façon j'ai l'impression, que le CV, les lettres de motivation... ne vont servir à rien, en particulier pour les facs parce qu'humainement c'est impossible de tout lire. Et puis en plus, un nombre important des demandes en fac sont des demandes 'au cas où' et donc dans la plupart des cas, ce sera des personnes qui vont être acceptées ailleurs et ça n'aura servi à rien d'avoir lu je ne sais combien de demandes alors qu'à la fin il n'y en a qu'une partie qui y ira.

    Pour le 'oui, si', les facs elles-mêmes (moi c'est de celle de Brest que j'ai eu des échos) disent qu'elles ne savent pas comment elles peuvent organiser ça parce qu'elles n'ont pas les moyens. Ceci dit, je pense que ce serait une bonne idée de mettre en place des 'cours de soutien' dans la semaine mais là encore il faut des moyens financiers et on sait que c'est toujours là que ça coince.

    Je suis aussi contre le contrôle continu puisqu'on voit bien que d'un lycée à l'autre ou même d'un prof à l'autre, les notes varient, la manière d'évaluer n'est pas non plus la même... Et si ça devient interne un établissement, ça pourrait vite créer des différences importantes d'un lycée à l'autres, notamment si certains "donne" le bac comme tu le dis.

    Enfin bref, en ce moment je commence un peu à désespérer en ce qui concerne la manière dont est organisée l'orientation... De toute façon, le nombre de réorientations est toujours important parce que c'est compliqué de savoir ce qu'on veut faire à la sortie du lycée. Je crois qu'il y aurait beaucoup à dire.

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    3
    Lundi 26 Mars 2018 à 08:55

    personnellement je ne suis pas contre xD je ne sais pas ...

    4
    Lundi 18 Juin 2018 à 21:11

    Merci pour ce bel article ahah. Je suis plus au lycée et donc pas directement concernée, mais c'est méga important de se battre contre ce genre de réforme qui ne va régler aucun problème ( car la seul solution selon moi serait d'investir plus dans l'enseignement supérieur, afin d'avoir plus de locaux et de prof, pour accueillir la masse d'élève qui vont arriver) et créer pleins d'inégalités. ça fais vraiment plaisir de voir des lycéens mobilisés contre cette réforme, vers là où j'habite la plupart ne sont pas au courant ou sont distant (en tout cas ils l'étaient en mai, après j'ai pas pu trop manifester parce que j'étais occupée, alors peut-être que les premiers résultats de parcoursup ont mobilisé.e.s certain.e.s)

    Bon courage pour ton bac

    Bonne soirée

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